Au doigt et à l’œil. Chroniques informatiques

Publié le par CCNP

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SCIENCES …

Aujourd’hui, l’informatique est présente à chaque instant de notre vie quotidienne. A la maison, au bureau ou à l’atelier, dans notre voiture ou dans les laboratoires et les bureaux d’études, nous n’imaginons plus une vie  « déconnectée ». Qu’il s’agisse de communiquer, de s’informer, de gérer, de calculer ou de simuler, le recours à la science informatique a « formaté » notre façon d’agir et de penser.

A ce titre, l’informatique est considérée comme une interface, une science transversale, un simple outil qui ne trouve sa justification qu’au travers de son rôle incontournable dans le développement des différentes disciplines scientifiques. C’est oublier, un peu rapidement, que l’informatique est , en elle-même, une véritable science, une science originale qui revendique son autonomie vis-à-vis des autres disciplines et qui a ses propres sujets d’études tels que les langages de programmation ou ses modes de raisonnement intrinsèques.

Et cette science se caractérise par la rapidité avec laquelle elle se développe. Quelques dates permettent de juger de la fulgurance de son évolution

1946 : le premier ordinateur fait son apparition aux Etats-Unis. D’un poids de  30 tonnes, il est capable d’effectuer 330 multiplications par seconde

1963 : lorsque les gouvernements français et anglais signent l’accord de coopération pour la construction du Concorde, le premier ordinateur à transistors, l’IBM 700, n’a que 3 ans.

1980 : des milliers de foyers français s’équipent du Minitel. Bien plus qu’un simple annuaire électronique, ce terminal permet d’accéder à de nombreuses bases de données et  à d’autres sites plus… conviviaux.

2011 :  le palmarès des ordinateurs les plus puissants au monde couronne le TIAHNE-IA chinois. Il permet d’effectuer 3 millions de milliards (3 000 000 000 000 000)) d’opérations à la seconde, et une simple tablette numérique a, aujourd’hui, des performances analogues à celles que pouvaient  avoir, en 1985, le plus puissant des ordinateurs.

 

Malgré ces performances spectaculaires, cette science est insuffisamment connue, insuffisamment enseignée et insuffisamment pratiquée.

C’est pour mettre fin à cette contradiction surprenante que le Centre culturel Nicolas Peiresc  et l’Association Aconit tentent, aujourd’hui, d’apporter un éclairage nouveau sur l’une des plus grandes révolutions de l’histoire de l’humanité

 

  Patrice Lardeau

 

…et ART

Comme l’indique l’artiste Miguel Chevalier, dans un entretien de 1987, avec Jérôme Sans, « l’ordinateur apparaît, aujourd’hui, dans tous les domaines et à tous les niveaux de la société, depuis l’univers domestique jusqu’aux communications interplanétaires en passant par le monde des affaires ».

Fort de ce constat, il hybride, depuis de nombreuses années, arts visuels et informatiques et exploite la spécificité des images numériques.

Le théoricien Edmont Couchot nous explique qu’elles sont composées de petits fragments »discrets » ou points élémentaires, à chacun desquels sont attribuées des valeurs numériques qui positionnent ces points dans l’espace et leur donnent une couleur. L’ordinateur ne contient donc, dans sa mémoire, qu’un tableau de nombres dont on obtient la traduction sous la forme visuelle  d’une  image vidéo ou imprimée.

L’art de Miguel Chevalier propose une vision technologique de notre environnement mettant en place des codes et des procédures spécifiques

 

Travaillant sur ce thème des codes depuis plusieurs années, Jean Paul Albinet a été, en 1990, le premier artiste à faire, de sa signature, un code à barres, et du numéro 337731, une identité conceptuelle correspondant à son immatriculation CNUF (code National Unifié des Fournisseurs) en tant que fabricant d’œuvres peintes ou sculptées, ou d’objets. Toute sa production porte cette marque de fabrique.

Il a ainsi créé son propre abécédaire inspiré du langage international des codes à barres, ce qui lui permet de communiquer en plusieurs langues, sous forme de slogans poétiques. Visuellement, chacune des lettres qui composent des messages codés des œuvres de sa série « artistes en citation » sont symbolisées par un ensemble d’espaces et de barres peints.

 

Julien Raynaud, quant à lui, exploite les ressources hypermédia caractéristiques propres aux nouvelles technologies. Grâce à ce procédé,  toutes les formes d’informations sont reliées et permettent une navigation non-linéaire et interactive dans un ensemble de données iconographiques et sonores, et nourrissent, ainsi, un continuum poétique et déconcertant où le spectateur ne regarde plus l’œuvre mais doit s’y immerger.

Ces quelques propositions artistiques montrent ainsi que l’art d’aujourd’hui se révèle, au-delà de sa matérialité, par des systèmes de communication ouvrant la voie à des expériences multi-sensorielles, développant de nouveaux rapports aux notions de volume et d’espace

  Jean-Noël LASZLO

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